Je travaille 3 jours par semaine à La Défense. Depuis 2015, dans le contexte de mes déplacements au bureau, je filme chaque matin les personnes qui marchent devant moi en se rendant au travail. Je les choisis lorsqu'ils coupent ma route. Leur démarche est pressée, à la recherche de la voie la plus directe qui les mènera à leur destination. Malgré les prises de vues, sous aucun prétexte je ne dévie de mon propre parcours car je participe moi-même à cette stratégie inconsciente d’efficacité.
Les captures vidéo, de 15 secondes environ, sont réalisées pour être postées sur Instagram, très précisément dans le laps de temps qui s’écoule entre la sortie de la gare et l’entrée dans la tour Atlantique où je travaille.
Pour la réalisation de ces vidéos j’utilise les mêmes outils (les smartphones), je traverse le même espace, je m’inscris dans la même temporalité et dans la même situation sociale (celle du travail salarié), je participe aux mêmes réseaux sociaux que ceux que je filme. Je ne me positionne pas en dehors du flux pour décrire le monde, j’en fais moi-même partie, et j’en partage l’expérience.
Ce point de vue s’affirme dans la manière systématique de filmer où la camera subjective s’accorde au pas des individus qui marchent devant elle.
Plus de cinq cent captures vidéo ont été réalisées à ce jour, et c’est sur ce corpus que je m’appuie pour monter mes films. Au-delà de l’expérience immédiate des séquences postées quotidiennement sur les réseaux sociaux, chaque film décrit mon propre parcours sur la dalle de La Défense au sortir de la station du métro.
Par la succession de ces courtes séquences vidéo, en suivant les corps en mouvement, déjà mobilisés par le travail, qui croisent momentanément mon propre trajet, je reconstitue, dans la répétition, l’espace traversé.
Dans cet espace piétonnier et ouvert, des chemins se constituent, des tunnels se creusent, organiques et virtuels, une cartographie se dessine qui se modèle tout au long de la journée.
——
Mode de présentation du travail
Le nombre de films ne sont pas prédéterminés, ils sont réalisés à partir d'un corpus de séquences qui s'enrichit avec le temps. Le nombre de films projetés varie en fonction du site.
4 films ont été réalisés à ce jour.
——
BIOGRAPHIE
Née en 1967, vit et travaille à Paris
Représentée par Mélanie Rio Fluency
Ma relation à la caméra relève d’une expérience sensible : expérience de la marche, de l’espace, expérience visuelle, expérience instrumentée. L’ensemble de mon travail artistique se développe dans l’espace urbain. Par une approche phénoménologique, je m’appuie sur l’expérience de la vision qu’offre l’architecture d’influence moderniste. Sans chercher à documenter le réel, j’appréhende la caméra avant tout comme un objet de vision plutôt que comme un instrument de captation.
Mon travail a notamment été exposé au Centre Photographique d’Île-de-France, dans le cadre du festival L’été photographique de Lectoure ainsi qu’au Musée d’art contemporain de Lyon.
Mes œuvres sont présentes dans des collections publiques et privées, dont le Frac Haute-Normandie, l’Artothèque de Caen, la Bibliothèque nationale de France, le musée Carnavalet ou encore la fondation Cajamurcia.
——
CURRICULUM VITAE
Expositions individuelles
Galerie Mélanie Rio, L’air ou l’optique, Nantes, 2015
Été photographique de Lectoure, Lieux communs : intérieurs, Lectoure, 2011
Festival fotoencuentros, Lieux communs : intérieurs, Murcia/Cartagena, 2005
Septembre de la photographie, Les présences désagrégées, Lyon, 2004
Festival Forum de l’image, Les présences désagrégées, Toulouse, 2003
Le Granit, Scène nationale de Belfort, Objet Télévision, 2002
Centre atlantique de la photographie, Objet Télévision, Brest, 1999
Centre culturel André Malraux, Objet Télévision, Vandoeuvre-lès-Nancy, 1999
Expositions collectives
Centre photographique d’Île-de-France, Les précipités #3, Pontault-Combault, 2016
Galerie Mélanie Rio, Le laboratoire de Monsieur Deshimaru, 2015
Cpif, À l’envers à l’endroit..., Pontault-Combault, 2014
Ateliers de l’image, La nuit de l’instant, Marseille, 2013
Les douches la Galerie, La dimension du quotidien, Paris, 2012
Centre d’art contemporain d’Ivry, le Crédac, Le carillon de Big Ben, 2010
Musée d’art contemporain de Lyon, La région humaine, 2006
Festival l’étrange cargo, La ménagerie de verre, Paris, W, 2005
Le Forum, Scène conventionnée de Blanc-Mesnil, Communes Images, 2004
Été photographique de Lectoure, W, 2004
Le Carreau, scène nationale de Forbach, Ils disparaissent, 2003
Centre d’art passerelle, Les présences désagrégées, Brest, 2000
Galerie art et essai, Homo zappiens zappiens, Rennes,1998
Centre national de la photographie, Prix Moins Trente, Paris, 1996
Centre Georges Pompidou, BPI, Qu