#atwork


Vue d’exposition
Occurrence, espace d’art et d’essai contemporain
Les territoires obligés
Artistes, Nicole Panneton, Silvana Reggiardo
Commissariat, Jacinthe Robillard,
Montréal, 2018


Environ 3000 captures vidéo de 15 secondes
5 montages vidéo d’environ 9 mn


#atwork

Je travaille 3 jours par semaine dans le quartier d’affaires de La Défense. Je m’y rends en RER pour arriver entre 9h et 10h. il s'écoule environ 8 mn entre le moment où le train s'arrête et celui où j'atteins le tambour battant de la tour Atlantique où je travaille. C'est dans ce laps de temps que depuis 2015 je filme les employés qui marchent devant moi sur ce parcours.

Je les repère dès la sortie du train dans le chemin qui me ramène à la surface, ou je m'accroche à eux lorsqu'ils coupent ma route. Leur démarche est pressée, à la recherche de la voie la plus directe qui les mènera à leur destination. Je participe moi-même de cette stratégie inconsciente d’efficacité, aussi, malgré les prises de vues, sous aucun prétexte je ne dévie de mon parcours.

Tous mobilisés par cet objectif commun nous nous coulons dans un flux qui modèle l’espace. Faisant masse nos corps dessinent virtuellement des chemins qui se forment et s’effacent tout au long de la journée.

_ _
I work 3 days a week in the business district of La Défense. I take the RER in order to get there between 9:00 and 10:00 a.m. The walk from the train to the revolving doors of the Atlantique tower where I work lasts approximately 8 minutes, during which time, since 2015, I have filmed the service employees walking in the same direction ahead of me.

I catch them as I get off the train on my way to the surface or I start following them as they pass me by. They walk briskly, looking for the quickest way to their destination. I, too, participate in this unconscious efficiency strategy. Under no circumstances must I deviate from my course, even as I am filming.

We all mobilised by the same objective and, to this avail, slip into a flow that shapes the space around us. The mass of our bodies traces virtual paths that appear and fade throughout the day.


Je travaille 3 jours par semaine à La Défense. Depuis 2015, dans le contexte de mes déplacements au bureau, je filme chaque matin les personnes qui marchent devant moi en se rendant au travail. Je les choisis lorsqu'ils coupent ma route. Leur démarche est pressée, à la recherche de la voie la plus directe qui les mènera à leur destination. Malgré les prises de vues, sous aucun prétexte je ne dévie de mon propre parcours car je participe moi-même à cette stratégie inconsciente d’efficacité. Les captures vidéo, de 15 secondes environ, sont réalisées pour être postées sur Instagram, très précisément dans le laps de temps qui s’écoule entre la sortie de la gare et l’entrée dans la tour Atlantique où je travaille. Pour la réalisation de ces vidéos j’utilise les mêmes outils (les smartphones), je traverse le même espace, je m’inscris dans la même temporalité et dans la même situation sociale (celle du travail salarié), je participe aux mêmes réseaux sociaux que ceux que je filme. Je ne me positionne pas en dehors du flux pour décrire le monde, j’en fais moi-même partie, et j’en partage l’expérience. Ce point de vue s’affirme dans la manière systématique de filmer où la camera subjective s’accorde au pas des individus qui marchent devant elle. Plus de cinq cent captures vidéo ont été réalisées à ce jour, et c’est sur ce corpus que je m’appuie pour monter mes films. Au-delà de l’expérience immédiate des séquences postées quotidiennement sur les réseaux sociaux, chaque film décrit mon propre parcours sur la dalle de La Défense au sortir de la station du métro. Par la succession de ces courtes séquences vidéo, en suivant les corps en mouvement, déjà mobilisés par le travail, qui croisent momentanément mon propre trajet, je reconstitue, dans la répétition, l’espace traversé. Dans cet espace piétonnier et ouvert, des chemins se constituent, des tunnels se creusent, organiques et virtuels, une cartographie se dessine qui se modèle tout au long de la journée. —— Mode de présentation du travail Le nombre de films ne sont pas prédéterminés, ils sont réalisés à partir d'un corpus de séquences qui s'enrichit avec le temps. Le nombre de films projetés varie en fonction du site. 4 films ont été réalisés à ce jour. —— BIOGRAPHIE Née en 1967, vit et travaille à Paris Représentée par Mélanie Rio Fluency Ma relation à la caméra relève d’une expérience sensible : expérience de la marche, de l’espace, expérience visuelle, expérience instrumentée. L’ensemble de mon travail artistique se développe dans l’espace urbain. Par une approche phénoménologique, je m’appuie sur l’expérience de la vision qu’offre l’architecture d’influence moderniste. Sans chercher à documenter le réel, j’appréhende la caméra avant tout comme un objet de vision plutôt que comme un instrument de captation. Mon travail a notamment été exposé au Centre Photographique d’Île-de-France, dans le cadre du festival L’été photographique de Lectoure ainsi qu’au Musée d’art contemporain de Lyon. Mes œuvres sont présentes dans des collections publiques et privées, dont le Frac Haute-Normandie, l’Artothèque de Caen, la Bibliothèque nationale de France, le musée Carnavalet ou encore la fondation Cajamurcia. —— CURRICULUM VITAE Expositions individuelles Galerie Mélanie Rio, L’air ou l’optique, Nantes, 2015 Été photographique de Lectoure, Lieux communs : intérieurs, Lectoure, 2011 Festival fotoencuentros, Lieux communs : intérieurs, Murcia/Cartagena, 2005 Septembre de la photographie, Les présences désagrégées, Lyon, 2004 Festival Forum de l’image, Les présences désagrégées, Toulouse, 2003 Le Granit, Scène nationale de Belfort, Objet Télévision, 2002 Centre atlantique de la photographie, Objet Télévision, Brest, 1999 Centre culturel André Malraux, Objet Télévision, Vandoeuvre-lès-Nancy, 1999 Expositions collectives Centre photographique d’Île-de-France, Les précipités #3, Pontault-Combault, 2016 Galerie Mélanie Rio, Le laboratoire de Monsieur Deshimaru, 2015 Cpif, À l’envers à l’endroit..., Pontault-Combault, 2014 Ateliers de l’image, La nuit de l’instant, Marseille, 2013 Les douches la Galerie, La dimension du quotidien, Paris, 2012 Centre d’art contemporain d’Ivry, le Crédac, Le carillon de Big Ben, 2010 Musée d’art contemporain de Lyon, La région humaine, 2006 Festival l’étrange cargo, La ménagerie de verre, Paris, W, 2005 Le Forum, Scène conventionnée de Blanc-Mesnil, Communes Images, 2004 Été photographique de Lectoure, W, 2004 Le Carreau, scène nationale de Forbach, Ils disparaissent, 2003 Centre d’art passerelle, Les présences désagrégées, Brest, 2000 Galerie art et essai, Homo zappiens zappiens, Rennes,1998 Centre national de la photographie, Prix Moins Trente, Paris, 1996 Centre Georges Pompidou, BPI, Qu